jeudi 1er décembre 2022 à 14h au Family

Intervenante : Anne Guillou, sociologue, universitaire (e.r.)

Matriarcat et féminisme en Bretagne

Il arrive fréquemment que l’on entende dire qu’en Bretagne existerait un matriarcat, que la femme bretonne jouirait de prérogatives particulières et même d’un certain pouvoir que ne connaîtraient pas les autres femmes françaises. Certains sont allés jusqu’à dire que c’est la raison du faible mouvement féministe dans la région.

La conférencière qui a publié en 2007 l’essai « Pour en finir avec le matriarcat breton. Essai sur la condition féminine », Skol Vreiz, 2007, y expose le résultat de ses recherches sur la condition des femmes bretonnes. Remontant dans les temps anciens, au Moyen Âge puis aux temps modernes, elle dévoile l’état des lois et coutumes qui s’attachent à la condition des femmes. Si les Bretonnes furent mieux traitées que d’autres femmes, elles n’apparaissent pas pour autant dominantes.

L’idée du matriarcat en Bretagne est née dans l’esprit d’écrivains bretons qui ont souhaité réhabiliter l’image de la femme bretonne, si décriée par les écrivains-voyageurs parisiens de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème.

Si la femme bretonne a pu jouir de certaines prérogatives dans les temps anciens, il semble que les temps modernes aient aligné son sort sur celui des autres femmes françaises. En Bretagne comme ailleurs, le patriarcat est à l’œuvre et met à mal l’idée d’un matriarcat breton.

Anne Guillou, sociologue et écrivain.

Après des études de sociologie, Anne Guillou, originaire de Guiclan (Finistère) a exercé en qualité de chargée d’études au Bénin (ex-Dahomey) de 1966 à 1970, puis de maître de conférences de sociologie à l’Université de Madagascar de 1970 à 1976. Elle y a mené des recherches sur le sous-développement et spécialement les conditions de vie des femmes.
Rentrée en France en 1976, nommée au département de Sociologie de l’Université de Nantes, Docteur d’État de sociologie en 1987, grâce à sa thèse Les Femmes, la Terre, l’Argent, Anne Guillou a développé ses recherches en sociologie rurale et, plus particulièrement, en sociologie des femmes rurales, de l’espace rural et des rapports sociaux en milieu rural, mais aussi sur les élus du Finistère. Nommée professeur à Brest en 1991, elle a créé le département de Sociologie à l’UBO, où elle a exercé jusqu’à sa retraite en 2003, tout en écrivant de la fiction (nouvelles).
De 1994 à 2013, elle a animé le Centre Culturel de Luzec à Saint-Thégonnec. Auteur de photographies ethnographiques et de films vidéo, elle est aussi écrivain et se consacre désormais aux romans.